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Je lis régulièrement le blog de Matthieu RICARD qui n'est plus à présenter! et je voulais discuter avec vous du sujet de son dernier article.

 

L'empathie (du grec ancien  εν, dans, à l'intérieur et πάθoς, souffrance, ce qu'on éprouve) consiste à comprendre ce que d’autres éprouvent et à entrer en résonance avec eux. Il faut distingue l'empathie de la sympathie, de la compassion et même de la contagion émotionnelle.

L'empathie, contrairement à la sympathie qui est spontanée (attirance ou rejet) est une pratique relationnelle qui s'enseigne et s'apprend.

 

Exemples de situation : Cunégonde dit : - Je n'aurais pas dû faire cela... Je ne l'ai pas fait exprès » Retour empathique (effet miroir) au moyen de l'empathie : - Tu regrettes ce que tu as fait et tu te sens coupable...

Anatole dit : "- C'était génial. J'ai passé des vacances de rêves... Retour empathique : - Vos vacances vous ont enthousiasmé... "et non Je suis heureux pour vous (qui est une formulation projective de soi et en conséquence de type sympathique).
 J’ai appris cette technique, il y a longtemps   grâce au Docteur DODSON
link  : je potassais déja lorsque nos enfants étaient petits! Je l’applique toujours et la conseille dans les relations d’aide! Cela permet à la personne d’être écoutées , de poursuivre ses réflexions personnelles et à l’écoutant de ne pas jouer du klaxon (tu,tu,tu..) ( vocable de Jacques SALOME- je vous reparlerais!). Les "retours empathiques" expriment un sentiment ou une émotion implicite. Ils tendent à témoigner à l'interlocuteur du centrage sur lui (la personne qui s'exprime) et restitue une dimension affective, en utilisant la reformulation (analogie).
L'empathie se différencie de la contagion émotionnelle dans laquelle une personne éprouve le même état affectif qu'une autre sans conserver la distance entre soi et autrui comme on l'observe dans l'empathie. Le fou-rire est un exemple de contagion émotionnelle : un sentiment de gaité est ressenti par les deux individus.

La sympathie du grec syn- :« avec » et pathos :«souffrance » consiste aussi à comprendre les émotions d'une autre personne mais elle comporte une dimension affective supplémentaire. Il ne s'agit donc pas là "d'être sympa" avec quelqu'un, mais de s'impliquer en intégrant les émotions de l'autre et en se les appropriant. L'empathie tend vers l'objectivité (sans y prétendre) quand la sympathie est bien plus subjective.

 


Selon Lauren Wispe "Altruism, Sympathy and Helping " : « L'objet de l'empathie est la compréhension. L'objet de la sympathie est le bien-être de l'autre. […] En somme, l'empathie est un mode de connaissance ; la sympathie est un mode de rencontre avec autrui. »


La compassion
vient du latin, « cum-patire », « souffrir, éprouver avec ».est le sentiment par lequel on est porté à percevoir ou ressentir la souffrance des autres, et poussé à y remédier.  . « Pitié » et « apitoiement »« commisération »« miséricorde » signifient originellement compassion.


« Un tel amour altruiste peut imprégner l’esprit au point qu’on peut en venir à ne rien souhaiter de plus que le bien-être de ceux qui souffrent. La compassion n’est rien d’autre que l’amour donné à ceux qui souffrent " dit Mathieu.

 

Parfois, c’est par égoïsme que nous souhaitons que quelqu’un soit libéré de ses souffrances, c’est assez courant dans les relations affectives, quand celles-ci sont principalement basées sur l’attachement. Si un ami est malade ou dépressif, par exemple, nous lui souhaitons un prompt rétablissement afin de pouvoir de nouveau jouir de sa compagnie, mais ce souhait est fondamentalement égocentrique, ce n’est pas une vraie compassion. La vraie compassion repose nécessairement sur l’amour qui chérit les autres.

Nous avons tous un certain degré de compassion, mais elle est très partiale et limitée. Si ceux de notre famille ou nos amis souffrent, nous avons aisément de la compassion à leur égard, mais il nous est bien plus difficile de ressentir de la sympathie pour ceux que nous trouvons désagréables ou pour des inconnus.

De plus, nous ressentons de la compassion pour ceux qui éprouvent une douleur manifeste, mais pas pour ceux qui jouissent de bonnes conditions, et encore moins pour ceux qui commettent des actions nuisibles.


Matthieu Ricard  conclut :"Un entraînement laïc à aimer la bonté et la compassion pourraient donc permettre au personnel soignant de mieux aider les patients souffrants. Il nous a aussi semblé que même s’il peut y avoir de la « fatigue de l’empathie », il ne saurait y avoir de la         « fatigue de la compassion », sachant que la compassion est par essence une disposition d’esprit équilibrée et positive, tandis que l’empathie n’est que le moyen permettant de percevoir sans erreur la disposition d’esprit des autres. Plus on cultive la compassion et l’amour de la bonté, plus on progresse sur la voie du bien-être authentique, et on devient pleinement disponible pour autrui."

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Au fil de ma mue

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